oMoi j'étais la fille de l'air,
Tu étais la fille de joie
Demoiselle qui savait y faire
Je ne t'aime pas
Je te vomis et j'en suis fière
Toi, la chienne
à six pieds sous terre
T'as beau gémir,
je ne t'aime pas
Je suis à Nancy depuis 24h, j'ai pas fais grand-chose. Défait ma valise, étalé son contenu sur le canapé. J'ai évité de regardé la neige tomber, parce-que ça me fout trop les glandes. C'est bizarre comme le temps, desfois, semble se foutre de votre gueule avec beaucoup de cruauté. Il y a encore une semaine, j'avais le soleil dans le dos, et l'impression de pouvoir absolument tout gérer, d'être libre. Et maintenant c'est comme si tout avait refroidi, intact. Comme un arrêt sur image, ou comme quand le mouvement se fige, crache son essence, sa vérité. Tu n'es rien d'autre qu'une petite traînée minable...Cette après-midi je vais sortir, voir des gens que je n'ai pas envie de voir, pas envie de connaître, je vais me donner la gerbe. J'ai les yeux qui brûlent tout le temps, l'envie de gerber, et de pleurer. Sur le fil du rasoir, en équilibre parfait, et pourquoi, maintenant je sens que je flanche, que je vais pas tarder à bouffer le goudron. Je voudrais me retrouver parfaitement seule, ne plus avoir à jouer. Je trébuche déjà, sur les regards mauvais. Je sais très bien ce qu'ils veulent, j'ai pas envie de le voir. Je pensais pouvoir assumer. Je pensais pouvoir tirer une certaine fierté personnelle de cette liberté que je m'accordais. Mais je suis rien, rien, rien. Pas plus qu'un esprit pourri dans un corps difforme.