. Actuellement en Lorraiiiine, mais on pourrait se croire à Beyrouth, dans un abri anti-nucléaire (avec le bruit qui va avec), ou bien encore dans un ancien repère à beatnick macrobiotique, étant donné que les plantes envahiront bientôt la banquette du break qui agonise en silence dans le jardin. Cela dit, hier j'ai mangé du couscous pas très bon, mais parlé rock avec des gens qui l'ont connu autour d'un vin...divin. Et hopla ! Par contre, il faudrait songer à adopter une bonne dose de sitanciation brechtienne quand je lis Nabokov parce-que ça me donne de drôles d'impressions.
J'ai acheté des rideaux pour la mini-serre à tomate qui me fait office de logement, et on pourrait facilement se croire dans un bordel cubain, un ananas moucheronné apportant la touche exotique au tout. Mais on commence à s'y sentir presque "chez soi", et mon bienfaiteurs m'a apporté un ventilateur. Voilà qui me sauvera de la déshydratation. J'aurais fait un joli petit fruit lyophilisé, je pense. Un peu comme les fruits rouge spécial K. Sans sucre sans graisse et sans goût. Un petit amas de poussière rouge, au final.
Je commence à experimenter les joies et les déboires d'une independant woman. Enfin presque, hein. Je fais mes courses dans l'espoir de reprendre un mode de vie sain à la Docteur JM Cohen, mais rien n'y fais, la cuvette des toilettes est encore trop souvent le receptacle de mes complexes. Mais les week-end orgiaques savent remédier à ces carences. Moineau fatigué et canard gavé en même temps. Le régime du boa, en fait.
Je dois faire un aveu. J'ai essayé, piteusement, misérablement, de me laisser oublier au fin fond de mon immeuble tout pourri - où les gens jettent leur poubelles par la fenêtre et où le toit ressemble, de ce fait à une véritable décharge - mais les téléphones savent vous garder en vie. Même s'il faudra payer, par la suite, en hébergeant un joli crabe qui envahira votre crâne et vous bouffera doucement le cerveau. Pas besoin d'être voyante pour deviner ça. Alors je ne sais pas bien si je préfère être seule, comateuse et déséspérée, ou bien bousculée dans mes habitudes lymphatiques de légume en serre par des gens qui, décidemment, ne pourront jamais se passer de moi. Même si sur le coup, ils tenteront de vous faire croire que vous n'êtes rien sans eux.
La Belle et la Bête reste le meilleur des remèdes à la boue mentale qui vous fait patauger dans le rien-du-tout. De même que la relecture des Päz Book qui ont rythmé mes deux dernières années de lycées. [ Mathieu ça veut rien dire c'est un prénom. Etes-vous correct ? Single de krat etc autres joyeusetés] En relisant tout ça je me dis que j'ai eu de la chance d'avoir mon bac. Pour la peine je vais de ce pas m'acheter un nouveau carnet, avec l'argent de la banque, puisque pour ma part c'est pas en jouant à imiter les tomates que je vais "gagner ma vie" et arranger mon découvert. De plus, ma vie je l'ai déjà gagnée. Et c'était un cadeau empoisonné.
Pas d'autres conclusion.
Edith : J'ai de nouveaux des envies de lingeries très chères, très rétro, très belle, dans lequel je pourrais glisser mon petit corps drôlement fichu. Il existe donc un espoir de remontée, tout de même.