Gavée. 6 repas par jours. De la semoule, du lait, du caramel, du sucre de la graisse.
Genoux taillé.Marquée à vie. Trop d'alcool a coulé. Trop de blouses blanches. Trop de cachets pour mes neurones à plat. Essayez de vous crever une fois. On m'a dis que frôler la mort était le meilleur moyen de voir la vie dans ce qu'elle a de plus beau. Ils m'ont ramené au Zoo. Titubante sur mes talons. Les yeux crevés. La tête en vrac : retour à la case départ.
3 mois.
3 mois et j'ai perdu ce que j'avais. Je ne sais pas, pourquoi nous ? On voulait simplement s'élever un peu plus haut. On s'est écroulée. On compte nos pas. On ne respire plus l'air des fast-food. On fait 40 kilos, on perds nos cheveux et on a le ventre creux. Mais tout est trop lourd. Brûler la graisse, rogner les muscles atrophiés, faire fondre les os. Un pur esprit. Et pourtant, on est capable d'engloutir une quantitté incroyable de nourriture. Jamais assez.
Ils m'ont rendue malade. Ils ne pourront pas sauver tout le monde. Ils ne sont que des étudiants. Et nous sommes leur cobayes. Les infirmiers des gardes-chiourmes qui vous attachent à votre lit. Attachée.
Non non. Rien n'a changé. Je suis juste au bord d'un gouffre béant, en train de me faire bouffer par une maladie qui s'est installée sans crier gare. Je cherchais une main tendue, mais je ne voulais plus els voir. Je suis une sale petite pute. Je méritais de crever la gueule ouverte au milieu des poubelles, poisseuse et souillé. Je ne méritais que ça, que ça, que ça.
Mais pourquoi ?